loin l\'un de l\'autre

loin l\'un de l\'autre

Y'a des jours où...

Y a des jours où vaut mieux rester au lit. Surtout si c'est un lundi, que vous avez passé votre dimanche à vous reposer et que comme bien souvent dans mon cas, si je fais la sieste, je ne trouve plus le sommeil le soir.

Bref, ce lundi c'était un peu la loi des séries et je dois avouer que c'est aussi un peu de ma faute. Manque évident de concentration... Et puis y a des jours sans.

Bref, toujours est-il que je me retrouve à faire ma première mission de la journée: le listing des batteries... Tout va bien et j'embraye vers 09h00 vers un démarrage de chargeuse direction le déplacement d'un conteneur puis le remplissage du fondoir... C'est la que ca commence à moins le faire.

J'engage la chargeuse dans la zone de prélèvement de neige, enfonce le godet dans un mur de neige haute de 3 mètres, le rempli plus que de laison (y avait des gros blocs), recule et... m'enfonce lamentablement dans la poudreuse. La zone dure sur laquelle je passais depuis le début de la campagne s'était éfondrée sous le poids de la chargeuse me laissant à patiner péniblement sans pouvoir remonter et accrocher de la neige dure.

Bien entendu, après 5 minutes de lutte entre moi, la chargeuse et la poudreuse, il ne me restait plus qu'une solution: pelleter. Mais rien à y fait. Même en parvenant à dégager les chenilles de la neige, la chargeuse est bloquée au niveau du bas de caisse. Moi, pas envie de m'acharner avec une pelle, je décide d'aller démarrer le Bulldozer garer au fond du garage du camp d'été.

Si le bull est garé au fond, c'est simplement parce que le merlo est, à ce moment précis, garé devant lui en attente d'une révision de pré-hivernage que je prévois pour le lendemain. Le hic, c'est que la dernière fois que j'avais utilisé ce véhicule, je m'étais dis: "La prochaine fois c'est la révision, pas besoin de brancher les résistances inutilement..." Grave erreur. Il fait -50°C dans le garage. Alors pour démarrer un véhicule, il faut s'accrocher.

Je dois bien avouer que j'ai dû traiter le merlo de tous les noms. Non seulement il fuit de partout, du fait que ses flexibles ne sont pas du tout adaptés au froid, il veut pas démarrer, mais en plus, le bras télescopique que je levais afin de rentrer les deux véhicules dans le garage, s'est affessé sous l'effet de la fuite cassant ainsi la vitre d'un des phares du Bull.

Démarrer un véhicule froid... et rapidement car pendant ce temps, la
chargeuse est dans la zone de prélèvement, moteur tournant ce qui n'est pas vraiment génial quand on sait que l'eau que nous buvons provient de là. Heureusement que j'avais vérifié et repris tout ce qui pouvait être fuites moteur et hydraulique deux jours avant.

Demarrage du merlo: première partie. On branche les résistances. Ca
réchauffe un peu le circuit d'eau et le carter d'huile... Mais ça reste inutile pour le circuit de carburant où, bien entendu, le gasoil a gelé.

Deuxième partie: remettre en service le chauffage soufflant du garage et réchauffer le moteur avec. Attendre un peu.

Pendant ce temps, ma troisième partie est d'aller chercher une autre batterie. Je me faisais pas d'illusions. Une seule batterie pour démarrer un moteur froid n'aurait pas suffit, alors plutôt que d'attendre le dégel (c'est le cas de le dire)...

Quatrième partie, retirer le filtre à air, sortir une bombe de start pilote et commencer les opérations de démarrage. Une fois, deux fois, six fois... c'est parti.

Le merlo a démarré. Je joue un peu avec le bras et le relève (et au passage retouche le phare du bull ce qui fait tomber tous les bout de verre cassé), je remets en place le filtre à air, enlève la batterie de soutien, ouvre les portes du garage, remonte dans le merlo recule de 15cm... et m'arrete instantanement. J'avais oublié de retirer la prise. Celle là meme qui est déjà tendu lorsque le merlo est à l'arrêt... bien sur, la prise s'est arrachée du tableau électrique mais heureusement, n'a pas cassée.

Allez, zou, je dégage le merlo tout en priant pour ne pas mettre une heure à démarrer le Bull. Heureusement, la wintérisation que nous avions faite avec Michlangelo cet été est au top. Pas besoin de start pilote ou de chauffage soufflant. C'est parti! Je sors le bull direction l'opération sauvetage de la chargeuse.

Je préviens Patrick de venir me donner un coup de main. Il est déjà sur place avec Laurent (l'electro) quand je parviens sur la zone avec le bull.

Nous accrochons les deux véhicules grâce à leurs chaines. Je suis dans le Bull, Patrick monte dans la chargeuse. Je commence à tirer. La chargeuse s'extrait petit à petit, péniblement, de son bourbier... mais cale au moment crucial où moi je remets un peu les gaz pour la dernière ligne droite. Résultat: les chaines du bull n'ont pas tenues.

On se voit donc obligé de finir avec les seules chaines de la chargeuse... Ouf, elle est dehors. mais a laissé des traces de son passage. Un énorme trou qu'il nous faut maintenant reboucher.

Je commence à remblayer cette crevasse avec le bull mais ce dernier fait son capricieux. Au moment où je débraye afin de mettre la marche arrière et continuer mon travail, Môssieur décide de n'en faire qu'à se tête. Il en faut peu. Un légère descente, l'inertie vertigineuse d'une vitesse de 10 km/h et surtout un chauffeur qui débraye pour freiner au lieu d'appuyer sur les deux pédales en face de lui... et voilà qu'il pique du nez dans une crevasse profonde d'environ un mètre.

Heureusement que le bull est plus agile que la chargeuse dans ce genre de situation. Il n'empèche que Patrick (toujours dans la chargeuse) s'est retrouvé à devoir remblayer un peu grâce au godet afin que je puisse sortir le bull de ce piège.

Voilà une matinée qui s'achève (il est déjà 13h). Je dois ramener le Bull dans son garage et décide, sur la route, de me faire le Merlo aujourd'hui. "Marre de le voir me pourrir la vie celui là. Dès ce soir, il hiverne". Deuxième décision prise lors du chemin vers le cam d'été. Je sors les deux skidoos qui traînent pour les rapprocher de la base afin qu'ils soient près de moi lorsque je déciderai de faire leur réparation (car ceux là nécessitent une réparation et non une révision).

J'arrive au garage, mets le bull sur le coté, prépare les skidoos pour leur "extradition" vers concordia en les sanglant et m'approche avec le merlo pour les sortir. Cette opération de rentrer le merlo, j'ai dû la faire une cinquantaine de fois. Mais là ben ca l'a pas fait. Je regardais derrière moi sans trop me préoccupper du rétro et PAF!...  C'était le montant de porte du garage qui avait traversé sans prévenir. Légère déformation du montant (réparé depuis) mais la porte avait aussi dégondée en bas et au milieu (pas réparé depuis). Bon je refais la manoeuvre, sors les skidoos que je me maudis tout autant que moi et rentre le bull. Inutile de dire que j'ai un peu ramé pour fermer la porte (5 mètres de haut comme de large).

Retour à la base, avec mon merlo et mes skidoos. Ca y est je crois qu'une trève s'impose. J'arrive bien sur en retard au déjeuner et mange seul et je rumine contre ce merlo qui, je le sais déjà ne me laissera pas de repis avant son hivernage.

Après midi, au programme, changement des flexibles extérieurs du bras du merlo, flexibles servant à commander le vérin de matage, flexibles déja changés il y a un mois. Seulement, le mois dernier, on était trois et il faisait beau, et plus de -40°C. Là, j'étais seul, il y a du vent et il fait plus de -50°C. Petite précision sur la manoeuvre, pour changer les flexibles, je dois déplier le bras... 17 mètres environ. Donc autant dire qu'une grosse partie du flexible se trouvera dehors. Et ca je l'ai bien senti. Le premier flexible se passe à peu près bien. Mais le deuxième me pose quelques soucis. Le flexible gèle instantanement. Je le laisse se réchauffer devant mon chauffage soufflant, je me dépêche de le faire passer où il faut mais impossible de le pousser vers l'extremité du bras car il se gèle, devient rigide et bloque. L'opération a été répété plusieurs fois et je suis parvenu à mes fins vers 18h... Une heure plus tard, les flexibles étaient raccordés, le merlo rangé (enfin!!!) et moi satisfait d'en avoir fini avec cette journée. La prochaine fois, ce sera grasse mat'.

A bientôt.

Seb



07/03/2008
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